Le bien-être des étudiants de l'ERTS

de Corentin CHARBONNIER

Santé  Alimentation  Prévention  Logement  Education  Solidarité  Autre 
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"Le projet vise à mieux connaître les conditions de vie des étudiants, leur bien-être et vécu dans l'établissement."

Ville

OLIVET

Qui porte le projet ?

L’Ecole Régionale du Travail Social est un organisme de formation spécialisé dans la formation en Travail Social, du niveau V au niveau I. Elle accueille des personnes aux statuts diversifiés dans des formations initiales diplômantes, certifiantes, qualifiantes. Elle propose des VAE et des bilans de compétences. Les stagiaires peuvent être en situation de demande d'emploi, salarié ou étudiants. L'actuel projet est porté par un groupe d'étudiants en formation d'éducateur spécialisé avec l'accompagnement d'un formateur, docteur en anthropologie. Le projet permettra aux étudiants de réaliser des actions favorisant le bien-être de leurs collègues et la vie étudiante au cœur de l'établissement.

En savoir plus

www.erts-olivet.org

facebook.com/erts.olivet

www.linkedin.com/company/ecole-regionale-du-travail-social

 

Le projet

L’Ecole Régionale du Travail Social a choisi de questionner le statut d’étudiant : entre représentations, attentes et projets d’avenir, comment est il vécu? La notion de bien-être ainsi que la notion d’ambiance, toutes deux liées aux représentations sociales ainsi qu’à la construction de l’identité sont amenés à être questionnés afin de dresser un portrait fin du public cible.

Avec les réformes du système éducatif et la ré-évaluation des diplômes, l’Ecole Régionale du Travail Social a souhaité interroger ses étudiants concernant leur qualité de vie et leurs ressentis de vie au sein de l’établissement. Le public de l’étude sera les étudiants fréquentant l’ERTS (actuels et sortants). Afin de répondre aux objectifs qui seront énoncés ci après, la durée estimée de la recherche est d’une année. L’objectif sera d’apporter un diagnostic des étudiants de l’ERTS, de leurs conditions de vie à la fois en dehors mais également dans l’institution, de questionner si ces conditions de vie favorisent ou freinent leur réussite dans leur scolarité. Pour l’école, ces données analysées favoriseront la menée d’actions par le biais des étudiants et du personnel de l’établissement.

L’enquête menée par l’Observatoire de la Vie Etudiante a été l’une des premières ressources de notre revue de littérature. Cette étude menée auprès des étudiants des universités fait état d’un tiers de la population des Universités a renoncé à des soins pour des raisons financières. Les différentes consommations telles que le tabac, régulière pour 36% des étudiants, la consommation d’alcool hebdomadaire pour 40% et la consommation de cannabis régulière pour 21% d’entre eux interrogent les institutions et les formateurs. De plus, 20% des répondants à l’enquête OVE présentent les signes d’une détresse psychologique dans les semaines précédant l’enquête et 37% ont eu les critères cliniques d’un épisode dépressif dans l’année. 8% précisent même avoir pensé au suicide au cours de l’année écoulée. L’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) lors de son rapport 2017 a montré que 20% des étudiants à l’Université vivaient en dessous de son seuil de pauvreté et que l’activité salariée des étudiants (extérieure au temps universitaire) aurait des conséquences néfastes sur la réussite aux diplômes.
Ces chiffres questionnent la qualité de vie des étudiants d’aujourd’hui tout autant que leur bien-être. A travers une réflexion globale menée par les formateurs, la direction et des étudiants de l’école, il a été choisi de questionner les étudiants quelque soit le niveau de diplôme, la filière, leur année de formation ou leur âge, l’une des particularités de l’établissement étant le brassage important des tranches d’âge et des origines professionnelles des apprenants. Cette recherche sera portée par un projet collectif d’étudiants en filière d’éducateurs spécialisés.
La formation en travail social s’organise avec une alternance de périodes de stages et de périodes de formation théorique. Les stages sont pensés afin de favoriser l’acclimatation au métier. De l’entrée en formation où les étudiants arrivent avec leurs représentations du métier, aux stages, parfois vécus soutenants ou perturbateurs de l’identité professionnelle du fait de la confrontation de ces représentations à la réalité du terrain, l’apprenant est sujet à un enchaînement de remaniements voir de ruptures parfois vécu comme violence symbolique. Ces étapes questionnent les formateurs afin d’accompagner au mieux les étudiants à leur professionnalisation.
En questionnant également les anciens étudiants, nous souhaitons avoir leur position au regard de leur vécu dans l’institution, ce qui permettra d’évaluer l’accompagnement effectué et d’identifier les items transposables de l’accompagnement, afin d’améliorer la pratique des formateurs.
L’intérêt est de questionner ce qui fait le bien être en formation selon les étudiants, comment le définissent les principaux intéressés? Comment ce terme de bien-être peut il être compris par le public questionné? Qu’attendent ils lorsqu’on aborde l’ambiance d’établissement? Font ils références à des aspects pédagogiques, festifs, communicationnels? qu’est ce que l’étudiant attend de l’établissement, au delà de la pédagogie de structure, en terme d’ambiance dans l’établissement? et quel type de lien ou quelle importance donne t il à la vie dans l’établissement avec la réussite de leurs études? Est ce que la qualité de vie de l’étudiant et son bien-être est lié à son lien avec le territoire géographique de l’école ou de son lieu d’habitation ? Est ce qu’un étudiant satisfait de l’ambiance de l’école tend à garder le lien avec l’institut de formation et à le promouvoir?

En réalisant cette recherche, les étudiants et l'école cherchent à la fois à affiner la connaissance du public, mais également améliorer le fonctionnement de l’établissement, tant par la pédagogie proposée que dans les liens que l'école entretient avec ses étudiants. Quelle situation les étudiants vivent ils individuellement et collectivement lors de leur passage à l’ERTS? Est ce que le sentiment de bien-être dans l’établissement favorise la réussite éducative et impacte positivement sur leur environnement social? Ou, au contraire, est ce que leur environnement social favorise ou freine leur sentiment d’épanouissement dans l’école?

Pour la seconde étape de cette recherche, visant à mener des actions favorisant le bien-être des étudiants, l’ERTS confiera un budget au groupe d'étudiants, via un projet collectif, mis en place par des groupes d’étudiants de l’école pour leurs semblables.

Le protocole de méthode reposera sur une méthode socioanthropologique. Suite à plusieurs enquêtes préliminaires qui ont été menées par les formateurs et le bureau des étudiants, plusieurs questions ont émergé. La diversité des parcours professionnels, la précarisation des apprenants, les difficultés à la fois économiques et sociales vécues, nous amènent à établir dans un premier temps un questionnaire afin de dresser une analyse statistique fine du public, de ses difficultés et de ses attentes.
Le comité de pilotage de cette recherche rassemble des membres de la direction et de l’équipe de formateurs mais également des étudiants. Ce questionnaire, après validation du comité, sera diffusé auprès des étudiants par l’école et le bureau des étudiants. Pour compléter l’analyse des données récoltées, des entretiens seront réalisés avec des étudiants, issus d’un échantillonnage représentatif des différentes formations afin de comparer leurs ressentis “en cours” et “post” formation. Ces entretiens permettront d’apporter une valeur explicative aux données quantitatives récoltées. Ils permettront également de questionner le lien que ces derniers entretiennent avec le lieu de formation, mais également le rôle des différentes instances de l’établissement (délégués, associations…) et de savoir si les étudiants identifient les leviers pouvant favoriser le collectif, leur implication en tant qu’étudiant (sont ils leviers eux-mêmes, en attente, acteurs ou consommateurs des propositions d’actions menées au coeur de la structure?).

Ces données permettront également la mise en place d’actions ciblées, menées dans le cadre de projets collectifs des étudiants, afin de mieux accompagner les étudiants à la gestion de leur quotidien tant en collectif qu’en individuel. Chaque année, les outils seront ré-évalués et améliorés afin de questionner l’évolution de leur qualité de vie et de leur bien-être à l’ERTS. Le suivi de cohorte d’étudiants sortants étant une obligation réglementaire, les résultats de l’actuelle recherche seront comparés à ce suivi afin de questionner si le ressenti de la formation et de la qualité de vie de l’étudiant impacte sur sa mobilité géographique.


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